La famille, la première équipe

Mathieu Gohier
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Dans mon cas faire du sport avec mon père m’a beaucoup plus apporté qu’un grand bol d’air frais, ça m’a surtout appris à connaître un peu mieux celui qui répond « Oui? » quand je prononce l’onomathopée «’Pa ». Parce que veux, veux pas, quand tu attends 15 minutes avant de prendre le remonte-pente et que le trajet sur un banc dur glacé jusqu’en haut de la montage dure un autre 10 minutes, ça force un adolescent de 15 ans à jaser avec son vieux.

Je viens d’une famille peu nombreuse, mes parents ne m’ayant donné qu’un seul petit frère à martyriser et/ou avec qui jouer. Même si la taille de notre famille-nucléaire-dans-la-moyenne ne nous donnait pas la chance de former une équipe de soccer ou de hockey à nous seuls (même en comptant le chien) c’est avec mes parents et mon frérot que j’ai appris l’importance du sport dans la vie.

D’aussi loin que je me souvienne, mes parents m’ont traîné sur les terrains de soccer et les pistes cyclabes en été et sur les pentes de ski en hiver dans mon Outaouais natal. Et d’aussi loin que je me souvienne, j’ai aimé ça. Même si on ne m’a jamais poussé à pratiquer ces divers sports de façon compétitive, ne pas bouger à longueur d’année n’a jamais été une option chez moi.

Si parmi la longue liste des choses à faire pour élever à peu près normalement un enfant on inclut généralement le savoir-vivre, la curiosité et un minimum de propreté, ajouter l’importance de l’activité physique peut faire de petits miracles. Faire du sport c’est comme prendre le temps de corriger ses fautes de français ou développer le goût des fruits de mer, ça s’apprend dans la famille. Rares sont ceux qui sont frappés par un éclair de génie un bon matin leur inculquant l’importance de se lever de son popotin. Être actif c’est comme n’importe quoi, ça s’apprend. Oh, fiston ne deviendra peut-être jamais le prochain Vincent Lecavalier et la petite dernière ne maniera sûrement pas la raquette comme Alexandra Wozniack, mais je demeure persuadé qu’une dose régulière de sport fait d’une personne quelqu’un de plus complet. Et bien souvent pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la santé physique ou le développement de la motricité fine.

La liste des activités père/fils possibles et agréables n’est pas infinie et figurent sur celles-ci une panoplie d’idées qui impliquent une certaine dose de transpiration. Dans mon cas faire du sport avec mon père m’a beaucoup plus apporté qu’un grand bol d’air frais, ça m’a surtout appris à connaître un peu mieux celui qui répond « Oui? » quand je prononce l’onomathopée «’Pa ». Parce que veux, veux pas, quand tu attends 15 minutes avant de prendre le remonte-pente et que le trajet sur un banc dur glacé jusqu’en haut de la montage dure un autre 10 minutes, ça force un adolescent de 15 ans à jaser avec son vieux. Même chose quand à 16 ans tu fais du vélo de montagne trois fois par semaine et que se rendre à la-dite montagne prend une demi-heure, faut ben jaser avec le barbu qui te donne un lift.

Même si notre entourage ne bouge pas toujours avec nous, il n’en reste pas moins que de voir sa famille sur les lignes de côtés ou dans les estrades demeure un formidable outil de confiane en soi. T’as perdu la finale du championnat provinciale scolaire par un point? Tu le diras sûrement pas à tes coéquipiers, mais ça t’a fait du bien que ta mère te prenne dans tes bras après le match. Tu vas encourager le p’tit frère durant son tournoi de volleyball? Bah, disons ça compense pour les fois où tu le martyrisais.

Je ne pouvais écrire sur le lien entre sport et famille sans mentionner mon activité presque sportive favorite : écouter du sport en direct ou à la télévision. Si du temps où mon frère et moi habitions chez nos parents je me souviens de l’impossibilité de faire un choix télévisuel qui faisait consensus, seuls les matchs du Tricolore pouvaient nous unir devant notre unique téléviseur. Les séries éliminatoires étaient synonymes de rares moments vraiment partagés à quatre, ou cinq inculant le chien, et c’est peut-être aussi pour ça que j’aime tant écouter le hockey à la télé, parce que ça me rappelle ces soirées à crier de joie en coeur quand le CH comptait un but.

Le sport a aussi été un beau prétexte pour passer du temps « entre générations ». Parmi les plus beaux souvenirs que je garderai de mon grand-père sont ceux de matchs des Canadiens au Centre Bell alors que mon frère, mon père et moi accompagions le patriarche pour voir un match de hockey. Même chose lors de parties des Expos, où il aura fallu un événement sportif afin de réunir trois générations de Gohier.

Bref, le sport signifie évidemment de vivre une vie saine, mais veut surtout dire pour moi de vivre une vie heureuse.

Organisations: CH, Centre Bell

Lieux géographiques: Expos

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