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Vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade

Le boss est mort, est tiré de l’œuvre d’Yvon Deschamps, mise en scène par Dominic Champagne et interprété par Benoît Brière. Courtoisie

Le boss est mort, est tiré de l’œuvre d’Yvon Deschamps, mise en scène par Dominic Champagne et interprété par Benoît Brière.

Publié le 2 Mars 2012
Publié le 1 Mars 2012
Mélanie Thibault  RSS Feed

Le boss est mort, présenté au Pavillon de l’île

Le Boss est mort cumule cinq années de monologues d’Yvon Deschamps, triés dans ses textes de la fin des années 60 et ici retrouvés en deux heures de prestation théâtrale investie admirablement par le comédien Benoît Brière. Pour accueillir à Châteauguay, le 16 février, cette œuvre consacrée, le Pavillon de l’île était rempli à craquer de spectateurs. Une pièce incontournable, dont Brière fait ressortir la vulnérabilité.

Brière, dont c’est le premier spectacle solo, incarne un ouvrier, personnage repris de L'Osstidcho. Celui-ci est saisi par la mort de son boss pour lequel il vouait un culte, même s’il était exploité par lui. Les souvenirs difficiles de l’ouvrier viennent ponctuer le monologue, nous ramenant au temps des familles nombreuses dans le Québec des années Duplessis où le personnage à grandit et se retrouve 30 ans plus tard avec le même constat, celui d’une vie misérable.

Incarner les textes d’un humoriste à la présence déjà charismatique était un défi en soi, même quand on s’appelle Benoît Brière. C’est avec une tout autre perspective qu’il a donné corps et âme à un personnage bien différent du monologuiste, sans pourtant trahir son propos. Les grands moments d’émotions sont habilement rythmés par les traits d’esprit humoristiques, traçant une ligne fragile entre le tragique et le comique.

La mise en scène de Dominic Champagne est brillamment ficelée, confinant le personnage dans un espace restreint, mais lui permettant toutefois d’exploiter son jeu physique aux moments opportuns, vivifié par des adresses au public. Il situe la scène dans le sous-sol de la maison du personnage principal, alors que son enfant dort au premier. Le scénographe, Michel Crête, a privilégié la verticale en créant un escalier en colimaçon fait de planches de bois, laissant subtilement passer quelques traits de lumière tout en confinant l’espace.

Quarante ans plus tard, le texte est toujours d’actualité. Pour ceux qui n’ont pu assister à la pièce, il est possible de le faire en allant faire un tour à Longueuil, le 23 et 24 mars. Pour ceux qui préfèrent rester dans le confort de leur foyer, le Petit livre bleu d’Yvon Deschamps est pour vous. Pas moins de 250 extraits des spectacles et citations de l’auteur, entre 1968 à 2011 y sont rassemblées. Un outil de référence fidèle à son auteur, qui est également disponible en application iPhone.

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