La rivière Esturgeon mieux protégée après quatre ans de travaux

Patrick Duchesneau
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De gauche à droite : Fabien Gagné, producteur agricole et membre du comité de gestion du projet ; Mathilde Morin, coordonnatrice des projets de bassins versants, MAPAQ Montérégie-Ouest ; Clément Desgroseillers, producteur agricole ; Évelyne Sorel, conseillère en aménagement et environnement, UPA St-Jean-Valleyfield ; Lazar Aguiar, coordonnateur du projet ; Bernard Vincent, président de l’UPA St-Jean-Valleyfield et Pierre Laprise, responsable des cours d’eau pour la MRC de Roussillon.

SAINT-RÉMI – L’heure était au bilan le 28 mars dernier du côté de l’Union des producteurs agricoles (UPA) St-Jean-Valleyfield alors que le projet de protection du bassin versant de la rivière Esturgeon touchait à sa fin après quatre ans de travaux.

Prenant sa source à St-Rémi pour se jeter dans la rivière Châteauguay à Sainte-Martine, la rivière Esturgeon a également des affluents dans les municipalités de Saint-Isidore, Mercier, Sainte-Clothilde et Saint-Urbain. En tout, le bassin versant couvre un territoire de 101 km2 répartis dans ces six villes.

Inquiétée par les effets de l’agriculture sur le bassin versant, la Fédération de l’UPA a fait la promotion de la protection de la rivière auprès des producteurs. Sur les 112 agriculteurs joints par le coordonnateur du projet, Lazar Aguiar, 74 ont réalisé des travaux sur leurs terres pour ralentir l’érosion des cours d’eau ainsi que pour limiter la diffusion des pesticides dans l’eau des rivières et fossés qui alimentent l’Esturgeon. En tout, plusieurs kilomètres de bandes riveraines ont été reboisés, 435 m2 de fossé engazonné ont été aménagés et plus de 200 sorties de drains, avaloirs et chutes enrochées ont été installés. Ces installations permettent de limiter l’érosion des berges, tout en conservant les sédiments riches en phosphore dans les fossés, là où ils peuvent être récupérés par les agriculteurs et retournés dans les champs.

Ces résultats réjouissent les promoteurs du projet. « C’est ce qui met fin à quatre années de sensibilisation. Le projet démontre que l’agriculture peut cohabiter avec l’environnement et la faune », explique Bernard Vincent, président de l’UPA de St-Jean-Valleyfield. « Au Québec, on est en train de devenir un point de mire en agro-environnement », estime pour la part le viticulteur Fabien Gagné qui siège sur le Comité de gestion de l’environnement de l’Esturgeon. Selon lui, l’accompagnement des producteurs dans leurs travaux est à la base du succès du programme.

Encore beaucoup à faire

Malgré que le projet soit terminé, il reste beaucoup de travail à faire, selon Lazar Aguiar. « Certains agriculteurs me raccrochaient au nez au départ. Mais depuis, on constate un regain d’intérêt pour la protection des plans d’eau », estime M. Aguiar.

Si l’objectif de 60 producteurs participants a été dépassé, il reste tout de même le tiers des problématiques identifiées par l’équipe de M. Aguiar à corriger. Non seulement certains agriculteurs doivent encore se laisser convaincre d’embarquer dans le projet de protection du bassin versant, mais d’autres doivent aussi poursuivre les travaux qu’ils ont entrepris, selon le coordonnateur.

Même si le projet est terminé, M. Aguiar assure qu’il continuera à guider les agriculteurs intéressés par la protection des cours d’eau vers les bonnes ressources. Des subventions sont également disponibles jusqu’en 2013 via le programme Prime-Vert du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.

Organisations: Union des producteurs agricoles, Fédération de l’UPA, Comité de gestion de l’environnement de l’Esturgeon Ministère de l’Agriculture Pêcheries Alimentation du Québec

Lieux géographiques: Bassin versant de la rivière Esturgeon, St-Rémi, Rivière Châteauguay Sainte-Martine Saint-Isidore Saint-Urbain Valleyfield Québec

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