L’avenir de l’industrie de l’automobile américaine passe par les petites voitures !

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On dit que la nécessité est mère de l’invention. Il aura donc fallu une quasi-faillite de deux des trois constructeurs américains (GM et Chrysler); de même, Ford a hypothéqué tout ce qu’elle possédait pour mieux comprendre comment fonctionne la planète automobile. Ford est le plus bel exemple. À court d’argent et de modèles, le grand patron de la firme, Alan Mullaly, décide dès 2006 de mettre sur pied One Ford, un modèle, une plateforme, une planète. Il est le premier dirigeant à exploiter les ressources outre mer de la filiale européenne et apporté ces modèles chez nous. La Ford Fiesta, le Transit Connect, la Focus, le C-Max et encore bien d’autres. Ces véhicules ont fait leurs preuves, ne coûtent rien en recherche et développement et arrivent à un moment où le prix du carburant est à la hausse. Ils reçoivent donc un meilleur accueil.

Les Japonais en arrachent.

Au même moment, le gouvernement américain devient actionnaire majoritaire de GM et prête plus de 12 milliards de dollars à Chrysler pour la sortir du gouffre. Le président Obama profite de l’occasion pour passer le message de l’efficacité énergétique. Alors que l’industrie de l’automobile américaine commence enfin à fabriquer de petites voitures dignes de ce nom, les Japonais, solidement implantés au poste de commande depuis des décennies, commencent à connaître des ratés. Toyota fait l’objet de plus de 11 millions de rappels entre décembre 2009 et novembre 2010, Honda éprouve de sérieux problèmes de liquidités et tarde à renouveler sa gamme vieillissante de modèles, Mazda n’est plus dans le coup, sauf pour la Mazda3, et Nissan se cherche. Bref, tous les astres se sont alignés pour accueillir favorablement les nouveaux rejetons américains.

Des efforts qui payent

En tirant son inspiration d’Opel, GM a été en mesure de livrer une Chevrolet Cruze qui est devenue l’un des meilleurs vendeurs de sa catégorie aux États-Unis, derrière la Honda Civic. La Ford Fiesta, directement importée d’Europe, est la plus vendue des sous-compactes. Près de 25 % de tous les véhicules vendus en avril aux États-Unis étaient des voitures compactes où sous-compactes, c’est le double des chiffres de 2001. Seulement depuis un an, la proportion a augmenté de 7 %. Bien sûr, le prix du carburant joue un rôle important, mais je crois que les constructeurs ont finalement compris que, si on présente un bon véhicule fiable au public américain, ce dernier sera réceptif. Si vous vous souvenez de votre histoire récente et des modèles comme la Ford Pinto, la Chevrolet Vega où la Dodge Aries K, il ne faut pas se surprendre que les Américains préféraient les grosses voitures et les camions.

Une stratégie payante

Ford continuera à miser sur les petites voitures pour encore plusieurs années, et GM semble suivre la même piste. Chez Chrysler, Fiat va devenir le maître d’œuvre d’une nouvelle stratégie qui inclura beaucoup de petites voitures. L’arrivée de petites voitures était un incontournable pour les constructeurs qui ont finalement réalisé que cette approche s’est révélée la meilleure avec le prix du carburant qui dépasse les 4 dollars le gallon dans bien des États. Avec la venue de voitures comme la Focus, la Fiesta et la Cruze, les constructeurs américains ont fait la preuve qu’ils peuvent produire d’aussi bonnes petites voitures que leurs concurrents japonais et lentement faire oublier les horreurs mobiles des 30 ou 40 dernières années.

Un nouvel échiquier

Avec les Japonais qui ont joué la carte du conservatisme, ce sont les Sud-Coréens qui ont pondu des concepts audacieux et ramassé le gros lot. Les Américains ont suivi dans la même veine, surtout Ford avec la Focus et la Fiesta. Cette audace est payante et, surtout, le segment des voitures compactes et sous-compactes, qui était une chasse-gardée japonaise, est maintenant ouverte à tous. C’est celui qui pourra prouver qu’il est digne de confiance qui trouvera la clientèle. Les Américains ont toujours délaissé les petites voitures dans le passé parce que les camions étaient beaucoup plus payants. Maintenant avec des plateformes communes à plusieurs modèles et des salaires plus réalistes pour les travailleurs membres du Syndicat des Travailleurs unis de l’automobile (UAW), il est possible de tirer un profit honnête des ventes de petites voitures.

La partie n’est pas encore gagnée, mais les constructeurs américains sont sur la bonne voie, ils ont fait une chose qui a été bénéfique, se servir du gros sens et écouter la clientèle. Il aura fallu les forcer à le faire, espérons seulement qu’ils auront compris la leçon une fois pour toutes.

-30-

Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2011. On peut également l’entendre à l’émission Dutrizac, l’après-midi tous les vendredis à 14 :05 sur les ondes du 98,5 fm à Montréal.

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