KAHNAWAKE – Une quinzaine de Mohawks de la communauté de Kahnawake se sont postés, le 16 janvier vers 15h, à proximité du pont Mercier pour distribuer des tracts aux automobilistes.
Installés vis-à-vis des derniers feux de circulation sur la route 132 avant d’atteindre la bretelle d’accès au pont, les Mohawks n’ont toutefois pas cherché à nuire à la circulation. « Nous voulons informer les Canadiens sur ce qui se passe et sur ce que Harper essaie de faire aux autochtones de partout au Canada. Nous ne voulions pas bloquer le pont parce que nous savons que nous avons beaucoup de support », explique Rahentes Bush, l’instigateur du rassemblement.
La manifestation organisée à Kahnawake s’inscrivait dans une journée d’action nationale au Canada qui a vu de nombreux rassemblements se succéder un peu partout au pays.
Rahentes Bush estime que les choses avancent lentement à Ottawa et il va jusqu’à se demander si le gouvernement souhaite réellement négocier. « J’ai l’impression que le gouvernement veut nous pousser à répliquer pour pouvoir venir nous arrêter à nouveau. Il veut ce qui s’est passé en 1990, ce que nous cherchons à éviter, avance M. Bush. Je ne sais pas à quoi m’attendre. C’est comme une montagne russe. Ça monte et ça descend et ça remonte à nouveau », poursuit-il.
Grâce aux tracts, les Mohawks expliquent en quoi consiste le mouvement Idle No More, que l’on peut traduire par « finit l’apathie. » Deux paragraphes sont aussi consacrés aux effets qu’ont les lois C-38 et C-45, tant chez les autochtones qu’auprès du Canadien moyen. « Il sera désormais plus facile pour les entreprises de développer, d’exploiter et, potentiellement, de polluer et de détruire les écosystèmes marins canadiens », peut-on lire sur le tract bilingue qui dénonce aussi que les autochtones n’ont pas été consultés avant l’adoption de la loi.
La plupart des distributeurs de tracts évoquaient des raisons similaires pour expliquer leur participation au rassemblement. « Je suis ici pour ma communauté. Il s’agit de ma famille », explique Tekarahkwake Deon entre deux feux rouges. « Je le fais pour les générations futures, pour la protection de l’eau et pour la protection de l’environnement », renchérit une autre Mohawk. Pour sa part, Karina estime qu’elle n’est plus capable « de voir mes Sages pleurer aux portes du Parlement sans qu’on leur porte attention. »
Plusieurs Peacekeepers étaient présents sur les lieux de la manifestation pour assurer la sécurité des participants et des automobilistes.

