CHÂTEAUGUAY - Les services éducatifs et de garde ont beau cruellement manquer dans la région, le jardin d’enfants Les Coccinelles, une organisation sans but lucratif fondée en 1975, pourrait devoir fermer ses portes.
Parce qu’il dépasse le nombre d’heures consécutives durant lesquelles il reçoit les enfants, soit six heures au lieu de quatre, le jardin d’enfants du 129 Saint-Jean-Baptiste pourrait voir son permis de prématernelle révoqué à la suite d'une plainte déposée au ministère de la Famille et des Aînés.
Pour Katrie Brisebois, éducatrice aux Coccinelles, l’extension des heures consécutives d’ouverte se voulait une façon d’accommoder les parents. « J’habite à Saint-Chrysostome et je restais aux Coccinelles entre 11h et 13h pour dîner. Pour éviter aux parents deux aller-retour dans la journée, les heures normales étant de 9h à 11h et de 13h à 15h, j’ai tout simplement proposé aux parents de superviser le dîner, et ce gratuitement », explique l’éducatrice.
Qu’à cela ne tienne, une visite d’une inspectrice du ministère de la Famille et des Aînés en décembre a confirmé la non-conformité des nouvelles heures d’ouverture des Coccinnelles. « Même si le service des dîners n’est offert que les lundis et mercredis, nous dépassons les heures d’ouverture permises pour une prématernelle. Selon ce qu’on nous a dit, on pourrait être obligé d'obtenir un permis de garderie, ce dont nous n’avons pas les moyens ni l’envie », soutient Mme Brisebois.
Le bureau du député s'en mêle
Les doléances des Coccinelles ont été entendues au bureau du député Pierre Moreau. Son attaché politique, Philippe Mercier, est en contact avec le ministère de la Famille afin d’évaluer les options qui s’offrent à la prématernelle. « On fait tout pour que les Coccinelles ne ferment pas. Selon ce que j’ai compris du ministère, on pourrait en arriver à un terrain d’entente. Ce n’est pas une habitude du ministère que de fermer des prématernelles », indique l’attaché politique.
Afin de maximiser leurs chances de continuer leurs opérations, les Coccinelles se sont adressées au Protecteur du citoyen, qui est en présentement à évaluer le dossier de la prématernelle. « Au bureau du Protecteur du citoyen, on me reconnaît quand j’appelle pour avoir des nouvelles », précise en souriant Katrie Brisebois, visiblement déterminée à maintenir les Coccinelles en vie. Une initiative encouragée par le bureau du député Pierre Moreau. « Tous les moyens sont bons et le Protecteur du citoyen est une ressource utile. Si ça peut aider les Coccinelles, pourquoi pas? », affirme l’attaché du député, Philippe Mercier.
Un service pas comme les autres
Depuis l’arrivée des CPE au Québec en 1997, seules les prématernelles déjà existantes ont conservé leurs droits acquis d’opération, comme c’est le cas pour les Coccinelles. Avec leur programme éducatif préscolaire, les prématernelles se démarquent des CPE par leur approche plus éducative et n’accueillent que les enfants de trois et quatre ans.
Présente lors d’une soirée d’information sur l’avenir des Cocinelles tenue le 1er février, Cynthia Major explique l’attrait d’un tel service. « Si j’ai choisi d’envoyer mon enfant aux Coccinelles, c’est justement parce que le programme était différent d’un CPE. La plupart des enfants qui fréquentent les Coccinelles vont aussi à la garderie, mais sont inscrits ici pour y développer leur autonomie et pour les préparer à aller à l’école », soutient la mère.
Certains parents sont prêts à faire bien des sacrifices pour envoyer leur enfant aux Coccinelles. C’est le cas de Lordalex Leon, résidant de LaSalle. « Je traverse le pont Mercier pour venir reconduire mon enfant ici parce qu’un tel service de prématernelle n’existe pas dans mon coin. Si j’avais voulu un CPE, j’en aurais choisi un », explique M. Leon.
